Les cash-flows et l’analyse de la trésorerie : clés de voûte de l’analyse financière

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Ce n’est pas parce qu’une entreprise dégage un EBITDA positif que « tout va bien ». Un des enjeux majeur de la gestion financière réside dans la capacité à piloter l’activité tout en préservant et optimisant la situation de trésorerie de l’entreprise. L’analyse des cash flows permet d’apporter un éclairage sur l’origine des variations de trésorerie et leur allocation.

La gestion de la trésorerie, véritable nerf de la guerre

Pour une entreprise, détenir des compétences stratégiques, un positionnement différenciant, des ressources humaines et matérielles en phase avec son activité et ses ambitions… sont autant d’éléments nécessaires à sa pérennité. Toutefois, on oublie parfois un élément essentiel du quotidien : la gestion de la trésorerie.

La gestion de trésorerie consiste à piloter au mieux toutes les entrées et sorties de cash (paiements fournisseurs, règlements clients, paiement des salaires, etc.) pour que la trésorerie se maintienne à un niveau acceptable.

Cela implique :

  • de prendre soin de ses fournisseurs et partenaires : les payer en temps et en heure, tout en négociant des délais de paiement, que ces derniers seront d’ailleurs plus à même de consentir face à un partenaire sérieux et solvable ;
  • de ne pas hésiter à se rappeler au bon souvenir de ses clients qui tardent à payer, car le cœur de métier d’un plombier, c’est la plomberie, pas de faire la banque pour ses clients ;
  • de bien gérer son niveau de stock pour ne pas que celui-ci occasionne des coûts inutiles.

La gestion de la trésorerie ne s’arrête pas là. Au-delà des flux liés à son activité propre, l’entreprise doit également composer avec d’autres éléments qui viennent alimenter ou ponctionner sa trésorerie : souscription ou remboursement d’un prêt, apport ou remboursement de compte courant d’associé, distribution de dividendes, etc.

Le pilotage de la trésorerie est une compétence clé de l’entreprise, qui mobilise celle-ci à différents niveaux, avec la direction financière en chef d’orchestre. C’est une véritable course de fond qui implique de l’anticipation et un suivi quotidien. Car le risque, c’est que les décalages de trésorerie mettent celle-ci dans la situation où elle ne dispose plus du cash nécessaire lui permettant d’honorer ses créanciers (fournisseurs, banques, etc.) : c’est la cessation de paiement.

L’analyse de la trésorerie va donc constituer un point à part entière dans la démarche d’analyse financière.

Panique, les disponibilités au bilan ont diminué !

Si l’on retranche au niveau de trésorerie de l’année N celui de l’année N-1, on obtient la « variation de trésorerie », à savoir le surplus de trésorerie dégagé sur l’exercice, ou sa diminution.

Cette variation prise isolément est peu utile : elle ne dit pas ce qui a fait varier la trésorerie. Cette variation peut être due à plusieurs facteurs, par exemple :

  • l’entreprise a augmenté ses stocks ;
  • elle a octroyé des délais clients plus importants ;
  • elle a autofinancé un investissement, etc.

Autant de subtilités que la simple variation de trésorerie ne permet pas de percevoir. Pas de panique : le tableau des flux de trésorerie permet de répondre à cette question.

Le tableau de flux de trésorerie : indicateur de performance de sa gestion financière

Outil indispensable pour une analyse financière complète, le tableau des flux de trésorerie (ou des cash flows) va permettre d’apporter des éléments de réponse aux questionnements suivants :

  • Est-ce que l’entreprise a généré du cash, ou en a consommé ?
  • A quoi cette variation est-elle due : son activité propre, sa politique d’investissement, ou ses modalités de financement ?
  • Comment les excédents ont été (ou non) alloués ?
  • Quelle est la capacité de l’entreprise à s’endetter ?

Le tableau de flux de trésorerie repose ainsi sur 3 piliers :

  • Le flux de trésorerie d’exploitation : il met en avant l’excédent ou l’insuffisance de cash qui a été dégagé par l’activité propre de l’entreprise, de par son volume d’activé, la gestion de ses marges, et de son BFR.
  • Le flux de trésorerie lié aux investissements : il apporte des informations sur les investissements et cessions réalisées.
  • Le flux de trésorerie lié aux financements : il indique quels ont été les flux relatifs au financement de l’entreprise (remboursement d’emprunts, souscription de nouveaux prêts, etc.).

Ces trois soldes permettent, en bout de course, de reconstituer la variation de trésorerie que l’on observe au bilan. Cela apporte une vision sur l’origine de cette variation, la manière dont une insuffisance a été comblée, et un excédent alloué…

Comment construire un tableau de flux de trésorerie ?

On retrouve parfois ce tableau dans les rapports annuels ou dossiers de gestion établis par les experts comptables. En son absence, les liasses fiscales avec leurs annexes permettent de le reconstituer. Un peu à l’image des SIG, il s’agira de procéder à une succession de retraitements des postes du bilan et du compte de résultat.

Il existe de nombreuses présentations et méthodologies sur le sujet. Le tableau de flux préconisé par l’OEC (l’Ordre des Experts Comptables) présente l’avantage d’être précis et exhaustif.

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